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Docteur Robert LEROUX
Le 19 février 2003, Le Docteur Robert Leroux nous a quitté à l'âge de 76 ans . Il était pour beaucoup d'entre nous un ami ; pour la gériatrie française il était un de ses pères fondateur. Né à Paris, il y avait fait ses études de médecine et était venu s'installer à Vierzon en 1954 comme médecin généraliste. Mais, débordant d'énergie, son activité de médecin de famille, comme on disait à l'époque, ne lui suffisait pas. Son engagement politique, son militantisme pour le planning familial et ses activités annexes comme l'élevage de chèvres, en ont fait une figure de la vie locale haute en couleurs. Les Vierzonnais se souviennent tous du Docteur Leroux traversant la ville en tracteur. Mais c'est lorsqu'on lui confie, contre son gré au départ, l'hospice de La Noue, dépendant du centre hospitalier de Vierzon, que sa carrière médicale va prendre toute sa dimension. Un autre que lui aurait été découragé, rebuté par l' "étendue des dégâts" qu'il a découvert en 1975. Les salles communes, les vieux dont on ne savait ni pourquoi ils étaient là, ni ce qu'ils avaient, ni ce qu'on leur faisait. Mais son humanisme, son caractère d'explorateur, vont le conduire à plonger dans la médecine des vieux. On ne parlait pas vraiment de gériatrie encore à ce moment-là. Robert Leroux a été le pionnier qui a ouvert la voie aux grandes démarches gériatriques et gérontologiques d'aujourd'hui. Avant tout le monde, il a compris successivement : l'importance de l'autonomie, au delà du diagnostic, de l'évaluation sans laquelle on ne sait pas ce qu'on fait, de l'informatique médicale et privée, de la géronto-psychiatrie et de la problématique des démences, de la formation de tous les professionnels surtout pour ceux qui n'en ont pas ( ASH, aides-ménagères ). Il a été parmi les premiers à amener des aides-soignants au congrès de gériatrie. Co-fondateur du Syndicat National de Gérontologie clinique, il a participé à donner une dimension nationale et internationale à la gériatrie, impliqué dans la Société Française de Gérontologie et de nombreuses instances nationales oeuvrant pour les retraités et personnes âgées, comme le CNRPA (Comité National des Retraités et Personnes Âgées). Cette dimension nationale s'est concrétisée avec l'élaboration de la grille AGGIR qu'il a menée avec ses amis Jean-Marc Ducoudray et Jean-Marie Vetel, à partir de ce qu'on peut qualifier de "son enfant" : GERONTE. Que de discussions pour finaliser cet outil d'évaluation de l'autonomie ! Tout le monde se souvient des coups de gueule de Rober Leroux, son franc parler, ses gros mots, ses " on arrête les conneries". Mais pour moi qui ai travaillé pendant dix ans tous les jours avec lui, comme pour ceux qui ont participé à ses travaux, nous savons combien il était capable d'écouter, de négocier, de changer d'avis si nécessaire. C'était seulement un peu fatiguant parce qu'il avait une idée par jour et qu'il fallait avoir concrétisé pour avant-hier. Militant des droits de l'homme, militant social avant d'être socialiste, Robert Leroux va nous manquer. Puissions-nous, ensemble, poursuivre son action. C'est, je pense, la meilleur façon de lui rendre hommage.
Robert Leroux a été : Président de la SGOC de Juin 1982 à Avril 1984.
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